Dans son dernier rapport sur l’état du sexisme en France, le Haut Conseil Ă  l’EgalitĂ© alerte : la France s’inscrit pleinement dans la tendance internationale d’un sexisme “à double dimension, Ă  la fois hostile et paternaliste”. En France, 84% des femmes ont dĂ©jĂ  vĂ©cu une situation de sexisme. 68% des Français·es estiment qu’il revient aux hommes d’assumer la responsabilitĂ© financière de la famille. RevĂŞtant des formes multiples et parfois banalisĂ©es, le sexisme est au fondement des inĂ©galitĂ©s et reste profondĂ©ment ancrĂ© dans la sociĂ©tĂ© française. Ainsi, le sexisme reprĂ©sente un rĂ©el danger car c’est l’expression d’une idĂ©ologie qui s’oppose au droit des femmes Ă  disposer de leur corps, Ă  vivre de manière pleinement autonome et Ă  faire leurs propres choix. Les femmes, tous milieux sociaux confondus, sont confrontĂ©es au sexisme dès le plus jeune âge et tout au long de leur vie, notamment au travail et au sein de la famille. Le couple hĂ©tĂ©rosexuel, et plus particulièrement le mariage, demeurent des lieux de construction et de maintien des inĂ©galitĂ©s entre les femmes et les hommes. Les femmes assurent 74% des tâches domestiques et parentales Ă  la maison. Après une sĂ©paration, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lateur des inĂ©galitĂ©s au sein du couple, le niveau de vie des femmes baisse en moyenne de 20%, contre 3% pour les hommes.

 

Dans le monde du travail, les inégalités de genre persistent. Une mère sur deux estime que sa grossesse a eu un impact négatif sur sa situation professionnelle. Selon la Dares, les femmes représentent près de 60% des salarié·es au SMIC. Elles occupent aussi huit emplois à temps partiel sur dix, un temps partiel bien souvent subi, qui contribue à créer des inégalités de salaire, renforce la précarité et alimente la ségrégation entre les métiers à prédominance féminine et ceux à prédominance masculine.

 

Face Ă  la progression des mouvements anti-choix, anti-droits et masculinistes aujourd’hui largement documentĂ©e, nous n’avons jamais eu autant besoin de fĂ©minisme. Le fĂ©minisme, comme mouvement de lutte pour l’Ă©galitĂ© et l’émancipation des femmes, constitue un rempart contre l’idĂ©ologie sexiste. La bonne nouvelle, c’est que le fĂ©minisme progresse aussi. Près de la moitiĂ© des Français·es se considère aujourd’hui fĂ©ministe. 81% de la population considère que la lutte contre le sexisme est une prioritĂ©.

 

Chaque jour, les associations fĂ©ministes de terrain comme les CIDFF Ĺ“uvrent contre le non-recours au droit des femmes et pour faire de l’égalitĂ© une rĂ©alitĂ©. Maillon essentiel du combat pour une sociĂ©tĂ© Ă©galitaire dans les faits, elles constituent une partie de la solution face Ă  la persistance des inĂ©galitĂ©s et du sexisme, et doivent ĂŞtre soutenues et correctement financĂ©es. En France, grâce Ă  la mobilisation des associations et des militantes fĂ©ministes, nous avons rĂ©ussi Ă  conquĂ©rir de nouveaux droits pour les femmes : constitutionnalisation de l’IVG, inscription de la notion de non-consentement dans la dĂ©finition pĂ©nale du viol, mise en place d’un programme d’EVARS, adoption Ă  l’AssemblĂ©e nationale d’une proposition de loi visant Ă  mettre fin au devoir conjugal, le nouveau congĂ© de naissance, etc.

 

Aujourd’hui, de nombreux droits restent encore à conquérir pour les femmes. La Fédération nationale des CIDFF, premier réseau pour l’accès au droit des femmes en France, appelle à se mobiliser partout en France le 8 mars prochain pour les droits des femmes et l’égalité au sein du couple, au travail et dans l’ensemble de la société.

 

Appel_a_mobilisation_-_8_mars_2026